Tu étais dans l'herbe, étendu, un cahier posé dans la verdure, un stylo dans une main, l'autre retenant, parfois, les mèches de tes cheveux, qui voletaient avec la brise, vespérale. Le soleil disparaissait lentement à l'horizon, dans le ciel printanier. Comme à ton habitude, tu écrivais, tu pouvais rester là des heures, à entreposer quelque pensée, en prose ou en vers, selon ton humeur. Solitaire mais poétique tu souriais au néant, à la beauté des alentours. Tout en toi était sublime, tes yeux rêveurs, ton allure de poète, tes pensées, ton sourire et même ta foi discrète. J'aurais aimé te peindre, mais mes yeux restaient rivés sur toi, ma toile demeurait vide, éternellement. Si tu savais comme je t'admirais lorsque tu discourais d'un sujet philosophique avec passion, secouant ton doigt, me regardant quelquefois afin de savoir si je t'approuvais, ce que je faisais toujours, bien sur. J'aimais tant nos ½illades, ton simple regard suffisait à me rendre folle de joie, et de toi. En t'envolant tu n'as pas emporté que mon amour mais aussi mon bonheur, mes rires, que je convoite désormais, inlassablement. Autrefois il y'avait ces faux semblants qui me ceignait l'âme et peut être la tienne, je ne sais, et ce désir fort à t'en retourner les entrailles, pourtant si léger, comme un souffle, comme des millions d'ailes de papillons qui s'agiteraient dans mon ventre. Aujourd'hui tout me revient, en vain, les beaux jours sont terminés, avec toi.
L'amour dure trois ans, un point c'est tout